28.12.2007
Poulenc / Mozart - K&M Labèque au PDS le 22/11/2007
Concours de circonstances malheureux, nous étions en retard.
En attente dans le hall, on perçoit quelques notes de Darius Milhaud, je trépigne me disant que nous avons peut-être raté quelque chose d’intéressant. En entrant, il y a trois pianos sur scène. Le piano de l’orchestre et les deux superbes Steinway tête bêche, encastrés, prêts à faire l’amour sur Poulenc, à communier sur le concerto, à s’éprendre de passion sur ces quelques notes de tendre folie et de nébuleuse douceur.
Pour notre premier concert de la saison, nous n’avions eu qu’une seule main (concerto pour la main gauche de Ravel), nous passons directement à 2 pianos, quatre mains…
Les sœurs Labèque entrent… Comme je les imagine. Marielle, réservée, manteau blanc, timide, sourire discret, cheveux tirés. Katia, fantasque, en robe déstructurée noire, très maquillée, cheveux exaltés, démarche dilettante. Deux caricatures.
Au piano, on retrouve toutes ces drôleries, en pire. Nous sommes derrière Katia. Pour le spectacle, nous sommes bien placés. Pour la qualité du jeu, il eût peut-être mieux valu être de l’autre côté. Katia remue, Katia trépigne, Katia bouge… Marielle est concentrée sur son jeu. Katia envoie valser ses cheveux dans l’air, Katia lance son bras au dessus du public, gestes de d’humeur, gestes sensuels, gestes inutiles… Katia joue parfois debout… Katia se croit à un concert de rock. Katia est drôle et fait rire la salle. Jusque là, Katia m’amuse… Elle fait rire Julien, pourquoi pas !
Le problème, c’est que Katia n’est pas juste. Katia est laborieuse. Katia se trompe, je trouve cela scandaleux. Se tromper sur Poulenc ! Où sont passées les grandes Labèque ? Ces pianistes incroyables qui transcendaient toutes les difficultés, toutes les partitions ? La folie créatrice, le style, l’allure sont toujours là, mais la technique se meurt. Partition mal choisie ? Mauvais soir ? Ou bien, je le crains, meilleures sur disque ?
Globalement, le concerto n’est pas mauvais. Je regrette que les traits limpides et les envolées lumineuses du clairvoyant Poulenc soient parfois gâchées par des notes en trop, des notes en moins. Ce ne sont pas des libertés avec la partition, ce sont des erreurs. L’interprétation reste grandiose, mais je ne peux m’empêcher de penser que cette emphase proche de la prétention n’est là que pour masquer des manques douloureux. Et puis, on ne vient pas à un concert classique pour voir une exubérante diva, mais pour entendre de la musique. Le spectacle est correct, mais détourné du but initial.
Le rappel, sur Ravel à quatre mains, est mignon et ne laisse aucun souvenir.
Le chef Tortelier est à l’opposé de Katia Labèque, rigoureux, sans brillance, sans éclat, sec et dur, le geste sans hésitation. Il est direct et précis, agréable, mais peu mélodieux. La symphonie de Mozart n’avait déjà pour moi aucun charme sur disque, l’interprétation donnée par Tortelier n’en aura pas plus. Julien, lui, apprécie. Je trouve cette musique trop naïve, trop simple, loin des volutes, des tortures et des langueurs romantiques. Rien ne choque l’oreille, rien ne force l’attention.
Oh, ça n’est pas désagréable. C’est juste sans intérêt.
01:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Rémi, tu exagères là quand même, Mozart sans intérêt ! Mesure tes propos !!!
Ecrit par : john | 29.12.2007
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