25.01.2008

Francesco-Tristano Schlimé - Récital au Grand Théâtre le 22 Décembre 2007

b14d79e56f055ad539763ae89b677318.jpgPianiste inconnu de ma discographie, de mes références musicales, de mes lectures et des noms récurrents d’interprètes connus.
Programme mitigé : les préludes de Debussy ne comptent pas parmi mes œuvres préférés du compositeur, et ce compositeur ne compte pas non plus parmi mes préférés ; des compositions originales de Schlimé lui-même ; du Berio, agréable mais peu transcendant ; des toccatas de Frescobaldi (1583 – 1643), peu réjouissant quant aux dates…
Pour couronner ce tableau gris, j’avais réservé pour un amour et moi-même, l’amour s’étant éteint entre la réservation et le concert. Tout avait été tenté pour revendre au mieux ces places, et finalement, la rage aidant et Romain acceptant de m’accompagner avec une très agréable bonne volonté, nous voilà en route pour découvrir ce si fameux et tant loué Grand Théâtre.

L’endroit est magnifique, et il méritera un article spécifique. Je m’en tiens ici au compte-rendu du concert.

Debussy : Préludes livre II : Une longue et lente réflexion. Du Debussy immobile. Debussy explore tout, il ne passe aucun détail, il vient et revient, inlassablement, dans la rigueur continuelle du compositeur exhaustif. 43 minutes, je sens l’ennui poindre. J’écoute d’une oreille toute prête au cynisme. J’écoute et j’écoute. Et j’écoute… Et je sors de là captivé. Tout le mérite en revient à l’interprète. Il habite sa partition, il vit ses notes, il est là, il n’y a que lui. Enfin un pianiste qui a quelque chose à dire ! Enfin un pianiste vivant qui égale Jacques Février dans l’épreuve Debussy.

Schlimé : compositions : Rapides, courtes, intéressantes, dans la veine de Debussy, il explore chaque thème à fond, à l’extrême, jusqu’à la folie. On comprend sa tentative de fusion entre la musique classique et la techno. C’est réussi, un travail peu transcendant, mais passionnant.

Frescobaldi : Toccatas : J’avoue, je découvre. J’avoue, j’ai des a priori tenaces quant à l’époque de composition et aux titres (Toccata, ça rime avec Bach et avec ennui). Ces partitions sont en fait très intéressantes ! Le compositeur touche au romantisme. Schlimé a exhumé des oubliettes des bibliothèques musicales des notes enthousiasmantes, à retenir et à réécouter.

Berio : Ce court morceau et le rappel seront des petits moments choisis, délicatesses délicieuses.

D’autres compositions du pianiste : Improvisations, petits délires sur des thèmes bien gentils. C’est doux, fin et distingué. Plaisant ! Pour Hello, il se lève et trifouille dans les cordes du piano. Je n’aime pas trop ces pianistes qui détournent l’instrument. Le piano, ça se joue assis, avec les doigts et les pieds. Mais Schlimé reste modéré dans son délire, et reprend ce rythme effréné de thème techno traité de façon classique. Romain adore, moi aussi.

Le pianiste est un homme magnifique, ce qui ne gâche rien. Un grand jeune homme, mince, brun ténébreux, habillé d’un costume noir parfait. Un homme de goût, un homme goûteux !
Un très bon spectacle, une très bonne soirée.

Commentaires

Merci Rémi, une agréable soirée, un univers qui m'était inconnu, je craignais de m'ennuyer, mais la curiosité m'a poussé à accepter de t'accompagner. Grand Théâtre magifique de l'intérieur, comme le laisse supposer l'extérieur. Pianiste agréable à écouter et à regarder aussi... Les airs techno avec le piano étaient sympas, moi qui aime le mélange du moderne et de l'ancien. Vraiment pas déçu. Merci encore.

Ecrit par : Romain | 03.02.2008

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