21.02.2008
Liszt / Scriabine / Strauss – Lazarev / Ghindin au PDS le 08/02/2008 :
Deux musiciens célèbres, le premier à la direction, le second au piano, que je ne connaissais pas. Le programme seul avait décidé mon choix, ce concert étant le seul de la saison proposant du Liszt. Echaudés par notre expérience précédente, nous étions là et assis bien en avance. L’orchestre entre, il y a deux petites orgues au fond à gauche (pour Strauss), et deux harpes, instruments que nous n’avons pas l’habitude de voir.
Liszt : Prométhée, poème symphonique : En un mot, ce court morceau de 13 minutes est « efficace », le mot est de Julien. Ce petit bijou mélodique, romantique, torturé, nostalgique… fait peur, fait trembler, transporte dans des élans de rythme et des cascades de notes. C’est magique, c’est Liszt, ça marche à tous les coups. Le chef Lazarev est un personnage excentrique, un show-man extravagant. Il bouge dans tous les sens, dans sa chemise de satin noir, ses lunettes et son brushing bien accroché. Le spectacle pourrait n’être que sa gestuelle.
Scriabine : Prométhée, poème du feu : Le long piano noir s’avance sur scène. Le pianiste entre, dans la tenue rituelle, queue-de-pie, nœud papillon, mine fermée et sérieuse du pianiste classique. On est loin, très loin de l’exubérance des sœurs Labèque. On est loin de l’enthousiasme du chef d’orchestre. On est loin d’être en face d’un bon pianiste. Ghindin est inaudible, nous n’entendons presque rien, même dans les moments où le bonhomme remue son embonpoint pour faire sonner le piano. La musique ne sort pas. Les 20 minutes sont longues et le chef n’arrive pas à relever le niveau.
Le pianiste se fend d’un rappel, rappel qui ne pouvait pas plus mal lui seoir : Etude opus 25 n°24 de Chopin, dite « l’Océan ». Ghindin est brutal, trop rapide et… faux… Sans regrets !
Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra, poème symphonique : Après une introduction très célèbre, les 34 minutes du feu symphonique se déroulent sans grand événement majeur. Le chef est toujours égal à lui-même, grandiose et grandiloquent. Très intéressante version. Les solos d’orgues et de harpes sont de douces délices de préciosité et de pureté.
Un concert inégal du fait des musiciens, mais qui donne le sourire, de l’énergie. Un plaisir !
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13.02.2008
Caféine-moi
J’avance vers toi, je te regarde.
L’œil clignotant scrute l’air fade.
Je n’ai pas de honte à me mettre face à toi,
Pour commencer mes caresses, du bout des doigts.
C’est combien ?
Je fouille dans ma poche, et pourtant…
Je suis un habitué, mais c’est mon rituel pour te séduire.
Et j’ai besoin de ça pour jouir.
Je glisse ma pièce en toi,
Un indice, tu frémis déjà…
Ma main effleure et déflore ton corps pendant cette rencontre furtive.
Voulez-vous café avec moi, ce soir ?
Je te porte jusqu'à ma bouche, je frémis quand on se touche.
Je laisse errer mon nez dans tes parfums suaves.
Tu es l'homme, le mâle, l'excellence...
La première goutte touche ma lèvre,
Tu m'as enfin pénétré,
Je suis ému et possédé.
La gorgée emplit ma bouche et je la fais rouler pour te garder entre mes dents.
T'aspirer, te laisser couler, avaler, aspirer, lécher, sucer,
Ou, quand tu es refroidi, te deviner sous de la crème glacée...
Au fond de ma tasse, ce diamant noir,
Liquide viril et créature chaude,
Sa chaleur me brûle de l’intérieur.
Palais d’or et de feu,
Son palais, mon palais, palais du roi café.
Il danse en moi,
Il danse avec ma langue enfiévrée de son goût, de ses charmes…
S’il vous faut opium, héroïne, morphine, aspirine…
Donnez-moi ma caféine.
Sans chercher bien à mal, voulez-vous boire un café ?
Parler de mon cas – fais-moi te désirer…
Désire mon désir,
Café mon amour, ma chaleur incertaine.
Dans ta tasse de porcelaine,
Tu défies l’âme humaine.
Tu portes en toi la chaîne où il faudra bien m’accrocher,
M’arrimer, atterrir sur la mer de café.
Tu parles encore en moi par l'odeur de ma bouche,
Que tu donnes à mes mots, haleine de l'amour.
Diamant noir qui brûle le palais.
Mes yeux qui pétillent ; ça sera après t'avoir fait l'amour, mon amour caféine...
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