14.07.2008

A la claire fontaine... Delirium très (très) mince

000_0042.jpgPréoccupés à distraire leurs lecteurs des vétilles estivales, entre les futurs légendaires concerts de Véronique Sanson le 26 Juillet à Montréal et de Diane Dufresne le 03 Août, les journalistes québécois n’ont rien trouvé de plus palpitant que de se lancer dans une grande enquête de fond, ce dernier mot étant choisi à dessein, pour analyser la profondeur, les abysses mêmes des constructions humaines, le côté obscur de la force, le fondement même de la vie, cet essentiel que l’on oublie si souvent dans les vaporeuses activités du quotidien : le « petit coin ».

Et la sérieuse équipe journalistique de se lancer dans une généreuse étude comparative des lieux d’aisance de la noble cité montréalaise. Quartier par quartier, la liste se veut exhaustive !
Pour ceux que cela intéresserait, je vous laisse apprécier par vous-même :
http://www.cyberpresse.ca/article/20080712/CPACTUEL/80711...

Les auteurs, qui ont donc uni leurs efforts pour nous proposer un compte rendu accompli, un homme et une femme, c’est la commodité de la parité, pour la gloire de la vérité et de l’objectivité, n’épargnent aucun des détails croustillants qui ont ponctué leurs visites attentives. N’oubliez pas le guide !
Nul doute que la carte de presse était l’instrument indispensable de ces introspections intimes. Nul doute non plus que les pigeons citadins furent sûrement surpris par ces locataires ambulants, déversant leur joyeuse encre pisseuse sur les vespasiennes à l’hygiène variable, à l’odeur  transitoire, lieux de tous les flux, transits des hommes et à l’intérieur des hommes.
« Ah! » me dit le noble vieillard en sortant de la vespasienne. « L'homme est comme un temple. Quand la colonne est brisée, il tombe, et les femmes n'y portent plus leurs dévotions » (RENARD, Journal, 1887).


Cette investigation par le trou, le trou d’une serrure qui ne ferme pas toujours sur ces portes mal isolées, révèle-t-elle une once de vérité sur l’homme ? Révèle-t-elle une part de la passion qui l’habite ? Si l’on en croit par le succès phénoménal que connaît le site www.aupetitcoin.ca, la source urinaire, encore insoupçonnée il y a quelques jours, n’est pas proche de se tarir. Tant qu’il y aura de l’urine… L’or, l’or blanc, l’or noir… L’or marron ? Qui aurait pu croire que l’or du XXI° siècle était en fait notre merde à tous !
Buvons ensemble à l’avènement de nos productions personnelles, et bénie soit la matière, pour les siècles et les siècles.


Rappelons d’urgence à la haute sagesse de Coluche ces journalistes en errance : « quand on n’a rien à dire, il vaut mieux se taire ! »