26.04.2008
Véronique Sanson au Casino de Bordeaux, le Jeudi 27 Mars 2008 : Chapitre 3 : Sans regrets à Montauban :
Elle nous salue, se laisse longuement applaudir avant d’attaquer Sans regrets. Version strictement identique à 2005, avec de longs « Aaaaaaah » magnifiques et très réussis. Cette chanson, comme Toi et moi, a un pouvoir, un pouvoir d’évocation, le pouvoir de nous plonger dans un univers lunaire, cette Lune qui nous appelle et qui veille sur cette petite salle, dans ce soir si particulier.
Encore une des versions inédites de 2008 : Sad Limousine. L’intro si atypique de cette chanson a disparu, je mets un certain temps à la reconnaître. Ca bouge pas mal, notamment le refrain et le pont. L’ensemble est bon, même si ce n’est pas ce soir ma chanson préférée. Peut-être aurait-elle dû arriver plus tôt dans le programme. Mais suivie par Marie, cela s’avère parfait. Marie, à l’intro si triste, si mélancolique. Cette chanson si étonnante, qui bouge énormément, et qui commence comme une des plus sombres. Véro appuie sur le « pas » de « j’te l’ai PAS volé, c’est ton homme »… La tension monte vite, les musiciens entendent bien faire du rock ! « Est-ce que tu l’aimes enco-ore ? » La batterie tombe et la page mélancolique est tournée, « Houn di di da… » Les onomatopées sont gutturales, elles arrachent les cordes vocales du public qui est uni dans un même élan de joie et de vie.
La petite bande du premier rang crie, hurle, exulte, s’excite… Alia Souza démarre. Le public, même les non fans, connaissent cette chanson. Véro la chante bien, elle tient bien les « Aaaah » du début. Je suis content de l’entendre aussi bien chantée. Elle se plante un peu dans les paroles, ce qui la fait rire et nous fait rire par ricochet. Les musiciens se lancent dans un pont aux accents de salsa. On se revoit à la Rochelle, il nous manquerait presque Fugain. Mais c’est bien aussi sans lui. On sait bien qu’elle va laisser nos cœurs tous vides là, à la fin du concert… La pression monte, les trois-quarts du concert sont déjà passés. Il faut absolument profiter des minutes qui restent. Les quelques secondes que Véro nous offre encore seront la fête à Sanson… Et nous n’avons pas encore utilisé notre arme magique ! Les pétales attendent sagement dans leurs poches. Le public se déchaîne, ça va vite, ça sourit de partout, ça crie, ça bouge, ça tape des pieds.
Indestructible est lancé par une batterie agressive. Les guitares électriques lui emboîtent le pas, pour ce rock puissant et bagarreur. Cette chanson compte parmi mes préférées. Elle est l’hymne des sansonniens, fragiles mais indestructibles, sensibles mais solides, comme Véro. Un passage du documentaire de Didier Varrod me revient en mémoire : « On est indestructibles, puisqu’on s’est déjà détruits… » La salle entière lance des poings levés sur les derniers refrains. Avant de conclure par le dernier « In-des-truc-ti-ble », Véro ménage une pause de quelques secondes. Paddy à côté de moi lance les premières notes. Véro se racle la gorge, les choristes se sont rapprochés d’elle. Le cri est lancé, plein de rage, des flammes dans les yeux. Nous l’aimons comme ça notre Véro : Indestructible. Avec un grand I.
Les guitares entament un rock enflammé. Rien que de l’eau. Cette chanson a un étrange pouvoir en concert, elle fait se décoller les fesses du spectateur du dernier rang, qui n’avait pas encore osé se lever. Je me retourne plusieurs fois, tout le monde, sans exception, est debout. Tout le monde tente de se masser autour de la scène. Nous sommes écrasés les uns sur les autres. Des gens montent sur les baffles sur le côté. Une secousse de délire nous traverse. Je tremble un peu, car les pétales ne vont pas tarder à sortir de leur poche. Il est prévu que Véro sorte de scène un petit moment, et revienne pour un dernier refrain. Nous nous tenons prêts pour cet instant. Les poches sont contre nous, contre la scène, nos mains sont plongées à l’intérieur. Les pétales, douces caresses veloutées, glissent entre nos doigts. Tout à coup, Véro entre sur scène. Elle revient. Je tremble. Je regarde mes amis. Nous attendons la seconde propice. Elle approche. Elle arrive devant nous. Un nouveau refrain commence. Un dernier coup d’œil de connivence entre nous. Nos bras se déplient. Véro est arrosée de pétales. Nos six bras sont parfaitement synchrones. La pluie de pétales monte relativement haut, et nous rejaillit dessus. La scène est inondée sur plusieurs mètres. Véro sourit. Elle marche dessus, et nous gratifie d’un pouce levé. Je suis tellement dans l’euphorie de l’instant que je ne fais pas trop attention aux réactions de la salle ou de la scène. Cet instant est magique, ça sent bon, et c’est si beau !
Véro fait venir tous ses musiciens près d’elle, devant le piano. Elle nous les présente, un à un, avec tant de mots gentils, tant de tendresse… L’équipe est là, ils s’aiment, ils forment un ensemble parfait, d’amour et d’amitié. Michael Hernandez est là aussi, et Véro entame un petit bout du refrain : « l’Amour est un voleur… » La petite formation quitte la scène.
Nous languissons un long moment, dans un tintamarre, un brouhaha de fans hystériques. Véro se fait désirer pour ce rappel. Elle est longue à revenir. Hervé Le Duc entre en scène discrètement, comme à son habitude. Ils vont nous jouer Quelques mots d’amour, comme en 1994, comme en 2000 ; comme à chaque fois qu’ils la jouent tous les deux, une des plus belles chansons de la variété française, par la plus grande des interprètes. Avec le temps des chansons en piano solo, revient aussi la voix de mon voisin de droite, trop content de montrer que, celle-là aussi, il la connaît. Mince, il les connaît toutes… J’avais décidé de chanter encore plus fort et plus faux que lui, bien dans son oreille. Mais, peut-être était-ce l’émotion, il fut relativement silencieux. La voix de Véro est délicieuse et déchirée.
Visiteur et voyageur. Nous avions eu la chance en 2005 d’entendre cette chanson à Toulouse. Véro voulait rendre hommage au Pape Jean-Paul II, décédé quelques jours plus tôt. Cet instant avait été très émouvant. Ce soir, Véro nous demande la tonalité. La salle lui crie des tonalités farfelues. Mais je sais bien qu’elle nous dit n’importe quoi, et qu’elle la sait bien sa tonalité ! La version piano solo de cette chanson est magnifique, surtout les accords de jazz à la fin, qui traduisent l’horloge qui « s’arrête pile à l’heure », comme le cœur de tout ce public, si triste de devoir se séparer bientôt. Véro se lève et crie « Merci » sans micro. Elle rayonne.
Une femme dans le public lance « Ma Révérence ». Quelle idiote ! Nous savons bien que c’est l’heure. Qu’il va falloir se quitter. Deux heures sont passées, tant d’émotions. Je suis épuisé, mais j’en reprendrais bien encore plusieurs heures. Une très belle Révérence ce soir, sans excès de douleur. Les talons de Véro battent le sol, notamment pendant le solo de piano, où elle assène à la scène des coups très violents.
Elle nous salue pendant plusieurs minutes. Des gens commencent à partir, car on sait bien qu’il n’y en aura pas d’autres. Pourtant, elle l’a eu fait… Mais pas ce soir, malheureusement. En quittant la scène, elle recule dangereusement sur un élément technique qui la fait vaciller. La salle s’exclame « attention » d’une seule voix, mais plus de peur que de mal, « ça, je le savais ».
La tension redescend d’un coup. En quelques secondes, ce sommet d’adrénaline et de plaisirs chute à un niveau vertigineusement bas. Il nous reste encore l’espoir de la croiser à la sortie. J’étais loin d’imaginer tant d’événements post-concert. Nathalie prend une photo de la salle avant de sortir. L’amie de Paddy lui saute dans les bras pour le remercier de l’avoir invitée ce soir, elle a tant aimé ce concert.
Pour être complet sur cette soirée, il faudrait aussi vous raconter les mots échangés avec mes amis à la sortie, les rencontres si sympathiques avec Michael Hernandez, si ouvert, si bavard, si gentil ; avec la jeune fille à la caméra, qui sera très agréable aussi, qui offrira son autocollant Véronique Sanson à Criket ; avec Rycko, que je rencontre pour la première fois, alors qu’il est l’ami de mes amies ; avec Iron, énorme chien de cent kilos et d’un mètre de haut ; avec Véro enfin, qui nous a offert de longues et trop courtes minutes, en sortant de sa loge et avant de monter en voiture. Véro habillée d’un blouson « d’un papillon à une étoile », avec modestement brodé devant un petit « Véro ». Véro, que je vois plus de dos que de face. Christian, qui se méfie de moi, « attention à son bras »… comme si j’allais lui faire du mal à ma Véro ! Personne ne lui veut autant de bien que nous. Véro veut rencontrer le chien et, douceur du danger aidant, lui trouve un air « si gentil », enfermé dans sa muselière. Un bon du chien, dû à des flashes d’appareils photo auront raison de la patience de Christian, qui pousse Véro dans la voiture. Le temps pour Nicolas de demander au vigile de prendre une photo, ce que ce dernier refuse, en suggérant lui de faire prendre la photo « par le Monsieur là », en l’occurrence, moi. Je prends donc la photo, très jolie, que vous connaissez. Je n’ose demander ni photo, ni bise. Criket l’embrasse. Véro monte en voiture. Criket se plante devant la fenêtre et lance des « Yes » très appuyés. Elle poursuivra même la voiture, en courant derrière sur le parking, avec ses désormais légendaires « Yes ».
Pour être encore complet, il faudrait raconter l’épisode champagne et boudoirs dans mon petit appartement, avec notre courte errance en voiture dans ce quartier de Bordeaux qui n’est vraiment pas le mien, avec Paddy assis sur un tabouret pour enfants, avec ma capitalisation active de toutes les photos et vidéos de la soirée, avec les verres dépareillés…
Pour être complet, il faudrait encore remercier Paddy pour les pétales, pour avoir engagé la conversation avec Michael Hernandez ; Michael Hernandez pour la magnifique dédicace qu’il a réussi à nous obtenir ; Véro pour les autographes sur le ticket, sur le programme ; Véro pour le spectacle, l’énergie, le partage, pour nous tous, pour nous avoir fait nous connaître, nous rencontrer et nous aimer.
Merci à mes amis, à Nathalie, à Laurence, à Martine, à Sylvie, à Patrick, à Christine pour la soirée. Merci les filles pour cette errance organisée le lendemain dans les rues de Bordeaux. Bordeaux, au temps si gris ce jour-là, avec sa bruine caractéristique des jours tristes, tristes d’être le 28 et non le 27… Ces rues où vous avez traîné des pieds, bouquiniste, boutique atypique pour collectionneurs de gadgets et de verres de bars, promenade nonchalante, croque-monsieur et lasagnes, moi qui avais pensé faire un périple énorme, pour TOUT vous montrer. Merci Nathalie de m’avoir offert ce repas ! Un dernier au revoir à l’hôtel, et je rentre… Seul ! Face à cet appartement vide, avec mes trésors sur le bureau : t-shirts, stylo, programme, post-it… Tout est là, cadavres d’une soirée enflammée, vestiges de souvenirs inoubliables, ruines souriantes d’un moment d’exception !
Je me connecte. Je regarde le site. Il y a une date, bientôt, à Montauban. Un rapide coup de fil aux filles. Elles y vont, bien sûr… Ni une ni deux, je saute dans la rue, jusqu’au Virgin : « Bonjour, je voudrais une place pour le 8 Mai, Véronique Sanson à Montauban ». Billet en poche, j’appelle Paddy, toujours sur son nuage, à écouter sa vidéo de « Ma Révérence ». Il nous fera savoir quelques jours plus tard qu’il viendra aussi.
A bientôt les amis ! A bientôt Véro…
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Véronique Sanson au Casino de Bordeaux, le Jeudi 27 Mars 2008 : Chapitre 2 : Monsieur Dupont à Bahia :
Que ressent un individu placé sous hypnose ? Que perçoit-il de la réalité ? Dans quelle mesure est-il conscient des événements qui l’entourent ? Nous sommes tous un peu hypnotisés par Véronique. Elle est là à moins d’un mètre de nos bras tendus, on l’entend parler, même sans micro.
Les chansons se suivent, dans un ordre bien choisi.
Monsieur Dupont, Je suis la seule.
Je suis la seule, dont je ne garde pas de souvenir. Je n’arrive pas à atterrir sur cette chanson. Je regarde tellement Véro que même la musique n’a pas d’importance. Peut-être le mot fascination est-il plus exact que le mot hypnose. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas personne dans la salle que Véro et moi, ou plutôt, Véro et mes yeux. Véro au piano, Véro debout. Rien n’existe plus, mes voisins ont disparu, les musiciens aussi. C’est un état de pure hébétude, comme le sommeil, une sorte d’absence. Comme dans un concert classique où j’ai toujours tendance à tellement me focaliser sur le chef d’orchestre, j’ai besoin de faire un effort sur moi-même pour entendre le concert, le son, la musique, profiter du spectacle entier, et non que de l’image.
Véronique est contente de retourner à Bordeaux, surtout depuis que la ville est propre, « avant elle était toute noire ». Elle espère que nous allons partager la musique. « No problem » s’écrit une voix dans la salle. « Alors allons-y, je suis contente de vous voir. » Nous aussi !
« Dans la vie, c’est toujours pareil, pareil… » Ca fait tellement plaisir à entendre, je crois que nous nous levons.
Elle est une grande piégeuse… On rêve un coup sur Toi et moi. L’intro est un peu ratée, mais l’ambiance de la chanson est tellement magique qu’on décolle directement vers la Lune, dans une navette en forme de piano et conduite par une petite femme blonde chaussée de bottines noires à talons. Cette version ne ressemble ni au Zénith 1993, ni à la tournée d’été 2005. C’est un arrangement nouveau, assez intéressant.
Sans transition, Un peu d’air pur et hop ! La soirée est décidemment placée sous l’étoile du rock’n’roll, un rock tendre et bestial, comme on ferait l’amour. On tape dans nos mains, je tape du pied sur le sol, la rangée de fauteuils remue beaucoup, mes voisins sont tous aussi agités que moi. Cette chanson n’avait pas eu la carrière qu’elle méritait ; heureusement, elle est le centre de la tournée. C’est une des rares fois que l’on pourra l’entendre avec uniquement Véro (soit l’ancienne version 1988, soit le duo avec Clémentine Célarié, soit avec les 907 choristes). Véro nous fait signe de nous lever, ce que je fais au milieu de la chanson. Elle le voit, me fixe, me montre du doigt et lève son pouce en signe d’approbation. Yeah !
Entre les chansons, nous crions des « Bravos », des « Vérooo », « on t’aime Véro », et beaucoup de « ouééé »… le vocabulaire est assez limité. Vers la fin, des « Merci » viendront aussi.
Vancouver. La même version qu’en 2005, avec en plus, des petites originalités du nouveau choriste Medhi entre les « je danse ». Véro nous demande de chanter avec elle, elle nous écoute, elle nous veut. Je crie « on t’aime Véro » qui la fait sourire. Les lumières valsent sur scène. Chanson typiquement sansonnienne. Elle n’est pas ma préférée, mais un concert sans Vancouver est inimaginable. « … ils vous accueillent avec des rires et des bravos », la salle hurle, éh oui ! Mon voisin de droite crie « tu vas trouver » quand Véro chante qu’elle « cherche quelque chose ». Je ne trouve pas ça malin, mais ce monsieur tout au long du concert l’indélicatesse de chanter plus fort que Véro, de préférence avec une mesure d’avance, pour nous montrer qu’il a bien appris les paroles. Sans commentaire, je suis aussi sûrement un spectateur pénible.
Amoureuse, déchirée, en trio avec les choristes (ou en quatuor avec mon voisin de droite). Très belle version. La salle s’envole sur la montée chromatique qui ferme les couplets.
Véro nous remercie pour nos silences qui sont encore plus beaux que tout le reste.
Les musiciens reviennent sur Je me suis tellement manquée. La version ressemble encore à celle de 2005, même si les musiciens sont plus discrets. Véronique est encore déchirée, l’émotion est bien là. La tension est palpable sur chaque mot. La voix est impeccable. Un régal. Tout comme Seras-tu là ? Debout ou calée contre le piano. Toute la salle est au bord des larmes. Une grande version, comme en 1993. Le public est un peu anesthésié après cette chanson, il faudra quelques secondes à Véro pour pouvoir sortir de l’émotion et reprendre le concert, tout comme nous…
Elle nous dit quelques mots sur les dédicataires des chansons, sur leurs titres provisoires, sur Bernard’s song, sur une certaine chanson intitulée Diplodocus, mieux connue sous le nom de Donne-toi.
Les choses qu’on dit aux vieux amis. Cette chanson résonne particulièrement en moi, notamment car elle est peut-être ma chanson préférée de Véro, dans un contexte amical très tourmenté. Cette chanson est tellement bien écrite, tellement juste, tellement écrite pour moi, sur la situation actuelle avec celui que j’appelais mon meilleur ami ou mon frère. Ces démons, ces moments théâtraux, ces années brûlées…
Sans transition, les Tyrans… Cette chanson si atypique dans le répertoire sansonnien. Véro est au centre de la scène, bien en face du prompteur, pour la liste si longue de ces « rois imbéciles ». Elle a un peu de mal sur les paroles, mais dans une bonne humeur époustouflante, et puis, elle est à quelques centimètres de moi. Je suis tétanisé, les yeux grands ouverts. Elle demande à la salle de se lever. Un spectateur fait de la résistance au premier rang, elle le fixe pour qu’il se lève. Elle ne le lâchera pas tant qu’il ne sera pas levé et il l’a bien compris : il reste assis, un grand sourire aux lèvres. Cette petite affaire durera près de deux minutes, j’ai envie de me rasseoir.
Bien souvent je me retourne, regarder la salle derrière nous. Seul le premier rang est debout, je nous sens un peu isolé. Mais la chaleur vient de la scène…
Dans la même ville, dans une version que je ne comprends pas trop. On est très loin de la version studio, et à part sur le refrain, je ne saisis plus la mélodie de départ. Chanson très transformée. Etonnante, intéressante à voir en live. Cela mériterait d’être réécouté.
Le public lance des cris de rythme, des « yeah ». Criket est ancrée dans la musique. Elle hurle « bravo Véro ». Véro, qui est toujours si proche de nous…
Bahia, transformée, qui n’est plus une chanson de rappel. Une ballade douce et souriante. Elle nous demande de chanter avec elle. No problem ! La version ressemble à celle chantée par Alain Chamfort à la Rochelle en 1994, mais chantée cette fois-ci par une vraie voix, celle de Véro, et celle du public enthousiaste. « Encore ! Et je t’aime, oh ! Caresse-moi… » Violent, félin, érotique… Le Casino virevolte de douces délices.
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Véronique Sanson au Casino de Bordeaux, le Jeudi 27 Mars 2008 : Chapitre 1 : Monsieur Dupont au Casino :
Je savais Véro capable de beaucoup de choses. Je savais que Véro m’étonne à chaque fois. Je savais que je ne serai pas déçu. Je savais que la revoir après tant d’années me bouleverserait au plus au point. Je savais qu’elle allait mettre le feu au Casino, faire tout sauter, dépasser les records, tout démolir avec son énergie débordante, avec cette folie qu’elle nous donne et que nous lui donnons, et qui rend ces moments beaux, si beaux. Je savais que Véro serait Véro, que c’est déjà beaucoup. Mais je ne savais pas à quel point j’allais être surpris par ce concert-là, par ce soir-là, par cet instant de deux heures qui est plus qu’un concert, plus qu’un show, plus qu’un spectacle, plus qu’un moment de vie et de partage. Ce ne sont pas des chansons que Véro a chanté ce Jeudi 27 Mars 2008, ce Jeudi que j’attendais depuis si longtemps, depuis les chaleurs de Juillet, jour où j’ai réservé ma place, depuis les chaleurs de Carcassonne en Juillet 2005, jour où je l’ai vue pour la dernière fois… Véro, ma Véro, notre Véro… Rien qu’évoquer votre nom, vous imaginer entrant sur scène fait surgir l’émotion. Véro, pouvez-vous savoir comment et à quel point j’ai pu attendre ce jour, cette soirée-là, qui nous a vus tous réunis, nous, petit peuple de fous, de fans, petit peuple de chaleur, petite famille et grands amis ? Ce Jeudi, je pensais avoir du plaisir à vous voir. Je m’étais bien trompé. Ce n’était pas du plaisir, c’était du bonheur.
Si ce texte est très lyrique, très emphatique, pardonnez-moi. Mais, sachez que tous les mots ont été pesés, et aucun ne dépasse le sentiment ressenti.
En commençant ce compte-rendu, je me rends compte de l’immensité de la tâche. Je voudrais tant raconter seconde par seconde, mot par mot, regards par regards tout ce qui s’est dit, fait, chanté, dansé… Chaque seconde, chaque mot et chaque regard sont pleins de tant de sensations, de tant de frissons, de joies mêlées, de confusions de sentiments, de larmes souriantes et de sourires humides… Il n’est pas possible de tout dire. Et tant mieux ! Le plus beau, c’est ce qui restera au fond de nous, dans nos cœurs, à jamais. J’avais écrit les comptes-rendus de Toulouse et de Carcassonne avec des objectifs d’exhaustivité, mais, des années après, je réalise que je n’ai rien oublié, que tout est là, que ces souvenirs ne sont pas prêts de s’évanouir… L’objectif de ce texte sera alors d’évoquer ce qu’a été cette soirée, plus poétique que factuel, plus tendre et plus proche de la réalité qu’un récit journalistique, malgré mon désir de complétude.
La folle parenthèse commence Jeudi 27 Mars 2008, aux alentours de 17h, pour se terminer environ 24 heures plus tard.
Drôle d’idée, le Jeudi, jour où normalement je n’ai pas cours, notre bien-aimé professeur de droit administratif a décidé de rattraper un cours Jeudi 27 Mars de 17h à 18h30… Tellement excité par la soirée en perspective, j’en oublie l’heure du cours et arrive plus de 20 minutes en retard. Vers 18h35, le prof estimant que nous n’étions pas pressés, décide de prolonger le cours jusqu’à 19h pour pouvoir terminer son programme… Je quitte la salle en claquant la porte, personne n’aura compris…
J’arrive à Bordeaux, devant le Flunch. Nathalie, Martine, Laurence et Sylvie sont là. Je suis ému de les retrouver, cela faisait si longtemps. Je n’arrive pas trop à parler, les mots ne sortent pas et il me suffit de penser à Véro pour avoir le souffle coupé. Nous mangeons dans la bonne humeur et dans une excitation redoublée d’être tous ensemble face à ce moment qui approche… Paddy et son amie ne peuvent pas nous rejoindre et nous attendent à la salle.
En route vers le Casino, mon estomac se noue de plus en plus. Je me sens ridicule d’avoir autant le trac ; ce n’est pas moi qui serait sur scène !
On arrive, Paddy est là. Nous prenons les sacs pleins de pétales de roses, magnifique idée de Paddy pour faire la fête à Véro. Impossible de me retenir d’acheter le programme. Tout noir, il est simple et la plupart des photos sont déjà connues. Nous montons dans la salle, c’est là !
A8… Je suis loin d’eux… Je négocie un déplacement de toute la rangée, et très gentiment, ces personnes acceptent. La moitié du petit peuple de Sansondamour est là, 1er rang à gauche. La Noiraude est là. Les instruments aussi. La fumée aussi. Nous avons froid, Paddy a mal à la tête. Il me fait jurer de ne pas penser à « l’après », quand Véro sera partie, quand le concert sera fini et qu’il n’y aura plus rien à espérer…
Mickael Hernandez arrive, après quelques mots de Véro en voix-off. Paddy a encore froid, la salle est gelée. Mickael chante, joue du piano. Il joue bien, il chante bien. Je regrette, mais je suis incapable d’écouter. J’applaudis vaguement, je suis là sans être là. Je le regrette d’autant plus que Mickael sera à la sortie et se révèlera être un des anges de la soirée. Il chante 6 ou 7 chansons, je ne sais plus, dont « Vue sur la mer » qu’il a écrite pour Véro en 2004. Tout cela est bien agréable, mais ça manque de Véro. Rien ne peut avoir d’importance quand Véro est sur le point d’arriver. Une jeune fille filme tour à tour le piano et le pianiste, et la salle.
La tension monte. Mickael s’en va et nous remercie. Nous mettons rapidement au point une stratégie pour le lancer de pétales. Ceux-ci nous attendent sagement sous nos fauteuils. Tout est en ordre. Nous attendons.
Les musiciens entrent discrètement. L’introduction mélancolique de « Monsieur Dupont » commence. Ils sont tous là : Basile, Eric, Medhi, Hervé Le Duc… à leur place. L’écran de l’ordinateur (Mac) d’Hervé Le Duc était en veille jusqu’à présent, un écran violet et vert, des vagues de couleurs, comme les écumes de notes qu’il va nous offrir lui aussi dans quelques secondes.
Je guette l’entrée de Véro. Plus rien n’existe à ce moment-là. Je n’entends plus la musique. Je ne vois plus mes voisins du public, la scène et les musiciens. Il n’y a rien qu’un rideau qui se soulève, la main d’un technicien qui prend doucement un pan de tissu noir dans sa main, la tire vers lui, une main, un micro, une attelle étoilée, une jambe moulée de cuir avec des étoiles en strass sur le tibia, une cravate noire à poix blancs, un large sourire, des cheveux blonds, un regard pétillant, des grands yeux, … Véro… Véro est là. Je n’y crois pas, je n’y crois plus, depuis si longtemps que je l’attends… Véro arrive, elle marche sur scène, elle vient juste devant nous… Elle est là, à moins d’un mètre. Nous sommes tous debout. Le concert prend résolument des accents rock dès les premières notes.
Je n’avais pas voulu lire la liste des chansons sur les comptes-rendus des concerts précédents. J’ai toujours beaucoup de mal à contenir mon impatience, mais je tenais absolument à la surprise. A part quelques chansons, je ne savais rien… Je ne serai pas déçu ce soir ! Les meilleures, les plus rock, les plus vibrantes sont là. La voix de Véro est là, elle aussi, elle que je redoutais tant, elle pour laquelle j’avais fait toutes les suppositions négatives voire malhonnêtes suggérées par mon esprit malade. Tout le monde est en place, tout le monde est là, tout le monde est en forme. On se rassied, on va pouvoir commencer.
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